Philosophie byzantine


Philosophie byzantine
Philosophie byzantine
    Le XIe siècle, sous le règne de Constantin Monomaque (1042-1055), voit un certain réveil de la philosophie à Byzance grâce à la fondation d’une « Académie », et grâce à la personnalité de Psellus (1018-1078), surnommé le « consul des philosophes » ; il était aussi le théologien qui, sur l’ordre de l’empereur, portait contre le patriarche Michel Cérulaire l’accusation « d’hellénisme et de chaldaïsme », ce qui revenait à peu près à une accusation de magie. Lui-même il se vante, devant son ami Xiphilin qui l’accusait d’aimer trop Platon, de suivre les traditions des « lumières de l’Église », Grégoire ou Basile, en usant des syllogismes des philosophes pour combattre les hérésies et en acceptant celles de leurs opinions qui sont d’accord avec le christianisme. Commentateur de l’Isagoge de Porphyre, des Catégories et du De Interpretation, auteur d’une encyclopédie (Διδασχαλεια παντοδαπη), il fut spécialement attiré par les parties obscures du platonisme ; ses Opinions des philosophes sur l’âme, son traité sur La Psychogonie du Timée ne sont que des compilations ; il a donné aussi un commentaire ainsi qu’un résumé des fameux Oracles chaldéens, le livre sacré des néoplatoniciens depuis Porphyre, où il s’applique à indiquer les accords et les divergences entre les Oracles, Platon et le christianisme. Il a écrit deux traités Sur les Démons où, à l’exemple des platoniciens Proclus et Olympiodore, il a classé les démons soit suivant leur séjour, depuis ceux de l’air supérieur jusqu’aux démons souterrains, soit selon leur degré de spiritualité. Il s’intéresse aussi à l’alchimie et écrit dans sa jeunesse une Chrysopée, dont M. Bidez, son éditeur, a signalé l’esprit positif ; loin de tout charlatanisme, il veut expliquer les procédés alchimiques en les réduisant à la notion des éléments. Il faut voir en lui un homme à la fois attiré et repoussé par ces doctrines et ces pratiques mystérieuses ; et, avant d’accuser Cérulaire, il fut lui-même inquiété pour ses opinions « philosophiques ».
    Psellus a longtemps passé à tort pour l’auteur d’un « Abrégé de logique aristotélicienne » ; ce n’est qu’une traduction grecque des Summula logices de Pierre d’Espagne, qui, au XIIIe siècle, annonçait la logique terministe des occamistes.
    Tous les philosophes byzantins des XIe et XIIe siècles sont du reste des commentateurs. Jean Italos a commenté l’Organon ; Michel d’Éphèse, un élève de Psellos, l’Organon, la Morale à Nicomaque et le traité Des parties des animaux ; Eustratius, les Analytiques postérieurs et l’Éthique ; Théodore de Smyrne a écrit un abrégé des opinions des anciens sur la Physique.

Philosophie du Moyen Age. . 1949.

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